🤱🤰Quelques idées récues sur le portage: craintes et critiques🤱🤰

Avant ma formation j'étais déjà certaine que le portage avait des bienfaits non négligeables sur nos bébés, depuis ma formation j'en suis convaincue. Et je dirais même que je n'y vois plus que des bienfaits du moment où bébé et le porteur se sentent bien ainsi, lovés l'un contre l'autre.

 

Mais voilà, tout le monde ne voit pas les choses de la même manière, il y en aura toujours pour nous faire des suggestions, poser des questions avec jugements ( récemment sur un groupe d'auxiliaires de puériculture j'ai accusé des critiques assez virulentes mais le sujet n'est pas pour tout de suite ;) )

 

Je vous propose ici de recenser ces idées reçues face au portage.

Porter son enfant étant une évidence pour les uns et pas forcement pour les autres, il est légitime et sain de se poser des questions avant de faire des choix pour nos enfants. Mais certains préjugés peuvent avoir la vie dure, en particulier chez ceux qui n'ont pas essayé.

 

Alors si vous avez (encore) des à priori, voici de quoi vous faire ( je l'espère) changer d'avis ou vous renforcer dans vos croyances.

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🤱Idée reçue #1

* Porter son enfant le rendra dépendant/capricieux...

* Si on le porte trop on ne pourra plus le poser ...

 

Voici l'idée reçue n°1, celle que tout parent porteur (en écharpe ou à bras) à dû entendre au moins une fois, le jugement 1er de la famille, de l'entourage...( j'ai la chance d'avoir un mari qui ne comprend pas toujours mais qui me soutien et une famille qui me suit ).

 

Un nouveau-né a besoin de contact, en satisfaisant ce besoin, on l'aide à prendre confiance et se détacher de son parent. comment me direz vous? Comment se détacher si on est toujours collé sur sa mère ou son père?

Le contact est un besoin inée, instinctif et primordial chez les bébés, comme le sont les besoins de manger ou dormir. 

Le nouveau-né est programmé pour pleurer lorsqu'il est posé: il alerte d'un éventuel danger. Alors oui, l'Homme à certes évolué mais cet instinct de survie reste marqué comme une empreinte génétique.

 

Porter son enfant, répondre à ses besoins, le rassure, le sécurise, l'apaise, il remplit ainsi son réservoir de confiance afin d'être autonome et ainsi découvrir le monde.

 

Nos bébés ont souvent une phase d'indépendance vers 8/9mois où ils découvrent qu'ils sont un être à part entière et non plus un bloc maman/bébé. Ils n'ont alors plus envie d'être porté que ce soit en écharpe ou à bras. Cela reviendra ensuite ;)

L'enfant porté, s'éloignera naturellement de vous en grandissant. Il aura simplement acquis assez de confiance et de détermination, puisqu'il aura de lui même décidé d'aller voir le monde. 

A contrario des bébés moins portés auraient dans cette même tranche d'âge, une phase appelée angoisse de la séparation. Peut-être pourrait-on y voir un lien....

 

En répondant à leurs nombreux besoins fondamentaux : nos enfants ne s'habituent pas à être portés, ils sont faits pour être portés. 🤱

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🤱Idée reçue #4

- Si on porte bébé, il apprendra moins vite à marcher...

Le petit porté humain, est un porté qui participe activement: il est acteur de son portage. Il travaille sa musculature : dos, cou, cuisse, jambes. 

En favorisant une position respectant le développement de votre enfant, la tête de l'os du fémur restant dans sa cavité cotyloïde, vous accompagnez le développement de son ossature. 

La position accroupie, avec bébé en suspension dans sa base, permet d'entraîner un reflexe arcaïque qu'est le réflexe d'agrippement. Ce qui peut être préventif de la plagiocéphalie ou de la dysplasie de la hanche. Des pathologies qui entraveraient le sens de l'équilibre et l'acquisition de la marche.

 

Des objets tels que le transat, le parc, le trotteur.. fausseraient les étapes fondamentales d'acquisition motrice avant la marche.

 

Avoir son bébé porté, lui permet de nous sentir bouger, observer nos mouvements ensembles (oreilles internes). 

Le développement psychomoteur, sensoriel, musculaire, vestibulaire est entraîné par le mouvement du porteur.

 

Quand un bébé est porté, il va suivre les mouvements du porteur, cela l'entraîne à s'équilibrer.

 

Pour apprendre à marcher, bébé doit exercer son équilibre et tonifier son corps. 

C'est en cela, qu'entraîné par le portage les bébés portés ont un développement qui leur permet de marcher en général plus tôt que des bébés qui ne seront pas portés. 🤱

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🤰🤱Idée reçue #6

- Mon bébé est né prématuré/petit poids, il est trop petit pour être porté...

 

En voilà un sujet sensible et à traiter avec sensibilité lors des ateliers. Cela (ré)ouvre des blessures personnelles, intimes et propre à chaque naissance prématurée.

 

Tous les bébés humains naissent immatures, un bébé prématuré l'est d'avantage.

 

Lorsque un nouveau-né arrive (trop) tôt un sentiment très fort de culpabilité se développe chez les parents, accentué par la séparation dès la naissance pendant de longues heures voire journées. 

Le portage, a pour but de rassurer le parent dans son portage à bras d'un bébé souvent hypotonique et léger, diminuant la peur de le laisser tomber.

 

Les bienfaits du portage sont alors multipliés pour ces "petits pressés'' : 

- régulation de température

- rythme cardiaque et respiration se calquent sur celui du porteur 

- stimulation de la lactation 

- calme et apaise les bébés et leurs familles.

 

Le moment où le portage peut débuter dépend de l'état de santé de l'enfant, des connaissances sur le sujet de l'équipe soignante et du soutien apporté aux parents.

 

L'écharpe devient un outil transitionnel permettant de faire le lien entre l'hopital et la maison. Le portage aidé par l'écharpe favorise le développement du lien d'attachement entre parent et enfant. Ce lien rendu difficile par la distance que créer la couveuse, les circonstances de l'accouchement, l'idéalisation de cette naissance imaginée tout au long de la grossesse.

 

Le contact peau à peau bébé/parent devient vital dans certaines parties du monde où les technologies n'ont pas encore sacrifiées la relation mère/enfant ou profit du progrès.

 

Le portage est alors utilisé comme thérapie néo natale: la méthode " Mère Kangourou ". 🤰🤱

 

Image: http://www.co-naitre.net/actualites/developpement-bebe-premature-methode-kangourou-presente-t-benefice-peau-a-peau-episodique/

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🤱🤰Idée reçue #8

- Le portage est une mode....

 

Le portage est probablement l'une des premières inventions de l'homme, c'est dans sa nature d'être porté: réflexe d'agrippement.

 

Je vais vous raconter, dans les grandes lignes, l'histoire de ce portage qui est une mode qui dure depuis bien longtemps.

 

- Au début de l'Histoire, porter était une question de survie: la mère devait protéger son bébé du froid (régulation de température) et des prédateurs,

- Au Moyen-Âge, le lien mère-enfant est valorisé par la religion,

- Après le Moyen-Âge, apparaisent les nourrices ce qui modifie le rôle des mères et éloigne l'enfant d'elle,

- Au 18ème siècle, on voit apparaître les 1ers berceaux. Le sommeil partagé est vivement critiqué en France : des infanticides sont déguisés en étouffements

- Au 19ème siécle, avec le début de l'industrialisation, les femmes travaillent, on voit commercialiser les landaus qui dans la gestuelle (imaginez ce geste : bras tendus qui tiennent la barre) et l'utilisation éloignent d'avantage les bébés,

- Années 50, on accouche de plus en plus en hôpital et des produits de puériculture se développent: poussette, chaise haute, transat, lait artificiel... qui diminuent d'avantage le lien mère-enfant,

- Années 70, les scientifiques s'ntérressent au comportement de l'enfant : 

* les bébés sont considérés comme des personnes ayant des besoins

* l'écharpe de portage apparait en Allemagne avec Erika Hoffman et la marque Didymos

* des associations de soutien au maternage voient le jour

* on constate que les bébés sont portés partout dans le monde.

 

L'écharpe de portage est inspirée de modes de portage traditionnels, adaptée à nos vies de parents occidentaux, modernes en terme de confort et sécurité. 

Le portage a une longue histoire à travers le temps, générationnel et culturel dans le monde. 🤱🤰

🤱Idée reçue #2

* Porter ça fait mal au dos 

* C'est trop lourd

* "Tu verras plus tard ton dos"

* " Tu portes avec ton dos sensible"...

 

La 1ère façon de porter est universelle: le portage à bras.

 

Même si bébé est léger les premiers jours/semaines nous adoptons généralement une mauvaise position, on déhanche d'un coté puis l'autre, on se cambre pour compenser le poids, les muscles de nos bras sont en tension permanente.

 

Mais la nature et notamment notre corps sont bien faits: notre corps se muscle en même temps que nos bébés se développent. Oui oui!! Tel un entraînement sportif régulier: les muscles se renforcent. 

C'est alors que nous pouvons introduire l'écharpe/le sling: ces outils vont permettrent de réunir les centres de gravité ( celui du porteur et celui du porté), libérer les bras et donc soulager le dos.

 

Un dispositif de portage adapté, bien réglé procure un réel confort. 

En écharpe les pans biens étalés dans le dos permettent une répartition du poids sur tout le corps et évitent les douleurs. 

Un nouage kangourou, avec un portage haut, le poids sur les épaules et un abdomen libre (absence de ceinture centrale) préservera votre périnée.

 

Si toute fois des gênes persistaient, un ajustement optimal avec conseils d'une monitrice de portage vous aiderait à résoudre le soucis. 

Et puis si vraiment vous trouvez que bébé devient trop lourd, vous pouvez opter pour un portage dos, bébé appréciera d'autant plus s'il devient curieux. 🤱

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🤱Idée reçue #3

* Porter c'est compliqué

* Les noeuds c'est galère...

Clairement : porter ça s'apprend. C'est un réel apprentissage qui demande de l'entraînement comme la marche, le vélo, la conduite...

Il faut apprendre à maîtriser le tissu, la longueur (pas toujours nécessaire), affiner ses gestes. 

Pour cela il faut choisir le bon moment: bébé a mangé, il est propre, réceptif.

Chaque tentative sera différente mais avec de l'entraînement et une personne formée pour vous guider c'est à la portée de chacun.

Une fois que vous aurez compris les repaires, cela vous semblera naturel. 

Perseverez, avec le temps vous allez développer vos propres ajustements qui vous procurerons à vous et votre bébé beaucoup de plaisir.

Voici les clés d'un portage réussit:

- de l'entraînement

- du temps

- de la patience

- de la disponibilité

A vous de jouer....

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🤱🤰Idée reçue #5

- Porter c'est que si on allaite....

- Je n'allaite pas je ne vais pas porter...

Porter bébé quand on allaite c'est quand même bien pratique faut avouer. Bébé a faim? Hop on dégaine le sein et c'est parti pour un allaitement discret dans l'écharpe, le sling ou le porte bébé. De plus la proximité bébé/sein stimule la lactation.

 

Mais en quoi serait-ce différent pour un bébé pour un bébé nourrit au biberon?

 

La position elle, sera différente. En position " assis de profil " vous trouverez un réel confort pour donner le biberon ou même la cuillère pour les plus grands. Portage et biberon sont tout à fait compatibles.

 

⚠⚠Une fois le repas terminé, il est important de revenir à la position verticale pour faciliter la digestion, assurer une bonne oxygénation du cerveau et éviter les reflux.

 

⚠⚠ Ne jamais bloquer la tête du bébé qui tête en charchant à la faire tenir avec le tissu. Il doit pouvoir se dégager du sein/du biberon s'il est gêné dans sa déglutition ou sa respiration. Vous pouvez utiliser le creu de votre bras pour soutenir la tête si nécessaire.

 

image AFPB: http://www.afpb.fr/galerie.htm

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🤰🤱Idée reçue #7

- Si bébé s'endort en écharpe il ne saura pas s'endormir seul

- S'il dort beaucoup sur moi la journée il ne dormira plus la nuit...

 

Un des besoins fondamentaux pour bébé est le contact. 

Ce besoin de contact évolue et diminue quand l'enfant grandi, le sommeil se met en place et d'autres rituels viennent rassurer votre tout-petit.

 

Les nouveaux-nés ont des cycles de sommeil de 20/25mn (cycle ultradien) différents de celui des adultes sur 24h (cycle circadien). Le portage permet à votre bébé de passer en douceur entre les phases de sommeil: sommeil léger/sommeil calme.

 

Le nouveau-né n'attend pas d'être en écharpe pour s'endormir... dans vos bras. 

Combien d'entre nous ont fait les 400 pas dans le salon, parcourant la maison dans tous les sens .... ?

 

Porter un bébé en écharpe va vous permettre de vaquer à vos occupations, sortir, vous promener... fini de passer son temps à tenter d'endormir bébé et d'essayer de le poser dans son lit sans qu'il se réveille.

 

Vous avez peur que bébé dorme trop longtemps en écharpe? Sachez que les temps de portage cumulés d'un nouveau-né sont de 5h à 8h puisque bébé aura des temps d'éveils et aura besoin de manger, être changé. Vers 1an, ces temps varient entre 2h et 3h.

 

Le portage facilite l'endormissement nous l'aurons compris. 

De plus bébé apprendra à faire la différence entre les siestes qui sont en mouvement constant sur votre corps à la lumière du jour et les nuits qui se font au calme et dans le noir.

 

Le portage aide à l'apprentisage jour/nuit. 🤰🤱


Pourquoi il ne faut surtout pas asseoir les bébés...

Allaiter un bébé souffrant de R.G.0

L'histoire du portage

Au début de l'Histoire, avec un grand H, porter était surtout une question de survie : il fallait préserver les bébés du froid ( le peau à peau permettant la régulation de température du nouveau-né) et les préserver également des prédateurs.

 

jusqu’au Au Moyen-Âge : le lien mère- enfant est valorisé dans la culture par la religion : on découvre des images et des statues de femmes allaitantes et des bébés portés.

 

Après le Moyen-Âge : j'ai presque envie de dire que c'est là que ça se gâte pour nos bébés. L'apparition des nourrices modifie le comportement et éloigne l'enfant de sa mère.

 

A partir du 18ème : les bébés commencent à dormir dans des berceaux. Le sommeil partagé ( cododo) est de moins en moins toléré principalement en France, par craintes d'infanticides déguisés en étouffement. Mais le portage reste pour des raisons pratiques et parce que les mères allaitent en majorité.

 

19ème : tout part en live pour nos bébés :

- industrialisation

- le travail des femmes qui modifie le temps consacré au maternage

- apparition du landau ( qui éloigne encore un peu plus nos bébés qui renforce la perte de contact )

 

Années 50' : l’accouchement à l’hôpital se systématise et on voit alors l'apparition de produit de puériculture : poussette, chaise haute, transat de bain...et le lait artificiel, qui diminuent la proximité mère-enfant

 

A partir des années 70' : on commence à s’intéresser au comportement de l'enfant, des travaux et des études sont menés : Charpak, Leboyer, Brazelton ou encore Françoise Dolto

---> les bébés sont considérés comme des personnes dont les besoins sont mieux connus et pris en compte

---> l'écharpe de portage apparaît en Allemagne avec la marque Didymos

---> les associations de soutien au maternage se développent

---> on constate que les bébés sont portés partout dans le monde

 

Le portage dans notre société actuelle n’est pas culturel, pourtant il est si naturel de porter nos bébés. Les petits portés d’ aujourd’hui seront très probablement les porteurs de demain

Salon du Bio et du Bien-être, Aramon. ( 30 septembre 2017)

Le syndrome de K.I.S.S, des maux si mal connus...

On me dit...

"On me dit que je devrais le laisser pleurer pour ne pas le laisser gagner. On me dit que je ne devrais pas le prendre dans mes bras pour ne pas l’habituer.

Moi, je crois qu’il est déjà habitué. Il est né de ce corps, il a grandi en lui. C’est sa maison. Il ne connait que lui. De ce monde,il ne connait que ma voix, le son des battements de mon cœur, le rythme de ma respiration, l’odeur de ma chair. Il sait tout de moi. Il ne sait que moi. Il pense même que je suis lui, que nous ne sommes qu’un, que je suis la continuité de son corps.

Ce qu’il faudrait en fait, c’est que je le déshabitue.

Que je le force à oublier, très vite, tout ce qu’il connait, tout ce qu’il aime. Lui désapprendre le parfum de ma peau et lui refuser les caresses de mes mains. Pourtant, naturellement, instinctivement, il me cherche. Plus qu'un besoin, une nécessité. Pas pour vivre, pour survivre.

Et pourquoi ?

Pour qu’il soit autonome et sage. Pour que je puisse vivre. Pour que je puisse être libre. Mais je suis libre ! C’est lui ma Liberté. S’il faut parler d’esclave, alors c’est moi son bourreau. C’est moi qui ai le pouvoir de le calmer, de l’apaiser, de le soulager. Il m’a réveillé. Il m’a rendu consciente. Envolées mes convictions, mes croyances et mes certitudes. Je suis vivante depuis sa naissance. C’est ma plus belle raison de vivre, c’est ma plus belle priorité, c’est ma plus belle finalité. Et je devrais dire « non » à ses petits bras tendus vers moi, désespérément dressés, à la recherche de cette chaleur qui l’a bercée et rassurée si longtemps? Si je le prends dans mes bras, c’est parce que je l’aime, si je ne le laisse pas pleurer, c’est parce que je l’aime, si je le respire, le regarde, l’embrasse, le touche, le mange, c’est parce que je l’aime !

C’est quoi ce monde qui nous pousse à aimer nos enfants de loin ?

Pourquoi croire que rassurer son enfant c’est le rendre capricieux ? Pourquoi croire que nous devons être durs pour être juste ? Être sévère et cruel pour éduquer ? Ignorer pour mieux dresser, pour forger le caractère et rendre obéissant. Pourquoi ne pas juste aimer, simplement ?

Cet enfant à qui j’ai donné naissance, il vient de mon âme, il vient de mes tripes. Il a vécu à côté de mon cœur. Je l’ai porté au monde, égoïstement. Parce que j’avais envie d’un bébé. J’avais envie de devenir une maman. Nous avions envie de devenir parents. Mais nous ne pouvons plus être égoïstes ! Je lui dois tout !

Il ne me doit rien. Il ne me demande rien. Juste mes mains.

Quand sa bouche se tord, que ses yeux s’ouvrent et se dilatent, que ses larmes salent son visage en entier et qu’il me cherche, qu’il me cherche de l’intérieur, qu’il souffre à en oublier qu’il n’est plus en moi, je ne peux pas rester sur le pas de la porte ! Je ne peux pas me convaincre que c'est pour son bien. Pour son autonomie. Je veux, je dois le toucher, le serrer, prendre sa peine, prendre sa colère, sa peur. Il faut que je le protège, il faut que je l’aime, que je le berce sans retenue, sans limite pour retrouver son sourire.

Et je le bercerai. Aussi longtemps que je lui suffirai. Et je le serrerai, aussi longtemps qu'il le voudra.

Et si je préfère lui enseigner l’amour, la tendresse et la bonté plutôt que la frustration, la colère et la violence, ça veut dire que je suis laxiste? Et si je crois, moi, qu’un enfant mérite qu’on lui laisse le temps de découvrir tout ça par lui-même? Si finalement notre rôle n’était que d’accompagner, d’écouter, de conseiller, de guider ? Le soutenir, l’épauler, lui parler, le regarder nous fixer avec ses yeux pleins de larmes ou de colère ou d’incompréhension et l’aider à grandir. Doucement, calmement, sans écouter ces menaces d’enfant roi capricieux.

L’aimer comme on aimerait être aimé. Être les parents qu’on aurait aimé avoir. En faire l’adulte qu’on aurait aimé être.

Je ne comprends pas ces parents qui laissent pleurer un enfant pour le dompter. Pour mettre fin à un « caprice ». Pour lui apprendre à bien se comporter. On a tous des envies, brutales ou réfléchies. Sauf que nous, adultes, nous arrivons (plus ou moins) à gérer nos émotions. Et si on consolait au lieu de gronder ? Et si on prenait dans ses bras cet enfant, pour le rassurer, au lieu de le punir et de le laisser dans ses larmes. Lui dire qu’on le comprend, qu’on sait à quel point c’est décevant et frustrant de ne pas avoir ce que l’on veut !

Juste l’aider à contrôler sa colère et à apprivoiser ses émotions. Le traiter comme l’être humain qu’il est.

Pourquoi vouloir respecter son enfant semble si dingue ? Je veux l’aimer pour ce qu’il est, je veux le pousser à devenir un petit garçon épanoui et heureux. Je veux voir ce petit garçon devenir un homme sûr de lui et aimant.

Aimer pour être aimer.

Souvent, je me demande ce à quoi l’on pense à la fin de sa vie.

Je sais à quoi moi je penserai. A la vie que j’ai créée. A ce minuscule poing fermé au bout de ce si petit bras. A l'odeur de ses cheveux, à la douceur de son cou, aux plis de ces cuisses. A ce corps brulant qui vient d’un autre univers et que j’ai serré contre mon cœur, cette toute première fois. A toutes les autres fois. A ces yeux qui me cherchent dès que je quitte une pièce. A cette bouche qui est bien plus belle quand elle sourit que quand elle crie. A lui. C’est à lui que je penserai. C’est à lui que je pense tous les jours.

Et s’il n’était question que d’amour ?

Juste un peu d’amour pour sécher des larmes.

Juste un peu d’amour pour rendre un enfant heureux et libre ♡

Juste un peu d’amour pour ne pas voir s’éteindre la lumière dans ses yeux ♡

Juste un peu d’amour pour ce sourire et ce rire.

Juste un peu d’amour aujourd’hui pour demain."

 

Coralie Fazio

Comment comprendre nos bébés à travers la théorie d'attachement, conférence de Nicole Guédeney

Le portage au quotidien...

Je cuisine....

Je fais le ménage...

Je m'occupe d'une fratrie...

Je porte double...

Je sors...


Je travaille...

Je pars en vacances...

Je fais les courses...

J'allaite...


Les papas aussi....

Et les enfants?...